Épuisement professionnel : oser se l’avouer, c’est le premier pas pour en sortir
L’épuisement professionnel des personnes à responsabilités a un visage particulier. Les équipes, les clients…Vous gérez. Vous avez toujours géré.
Les équipes, les clients, les décisions, les urgences du
lundi matin et les crises du vendredi soir. Les autres
viennent vous voir parce que vous avez les réponses, parce
que vous tenez, parce que vous êtes celui ou celle sur qui
on peut compter. C’est votre réputation et vous y tenez.
Et pendant ce temps, à l’intérieur, quelque chose s’effrite.
Pas de façon dramatique, pas du jour au lendemain, mais
doucement, méthodiquement, comme une pile qui se vide sans
qu’on l’ait vue se décharger. Vous continuez d’afficher
les barres pleines alors que l’icône clignote depuis des mois.
Vous ne vous plaignez pas, ce n’est pas votre style. Vous
avancez. Mais le matin en vous levant, quelque chose manque,
cette énergie qui était là avant, cette envie, cette certitude
que ça en vaut la peine.
Épuisement professionnel : non, ce n’est pas dans votre tête. C’est dans votre agenda.
Selon une étude récente, 66% des dirigeants français
déclarent souffrir d’épuisement professionnel en 2025,
contre 40% en 2023. Deux ans, et le chiffre a presque doublé.
Ce qui veut dire que si vous êtes dans une réunion de
trois dirigeants, statistiquement vous n’êtes pas seul.
Et pourtant, presque personne n’en parle. Parce qu’un
dirigeant n’est pas censé flancher. Parce que les autres
comptent sur vous. Parce que vous ne savez même pas
comment vous le diriez sans que ça fasse bizarre.
Épuisement professionnel : vous gérez tout. Sauf vous!
Je me lève fatiguée avant même de commencer. Je n’ai plus envie de grand chose mais je continue. Le dimanche soir j’ai l’estomac noué. Je fais semblant que ça va devant mon équipe. Je n’arrive plus à me souvenir de ce qui me faisait vibrer avant. J’attends les vacances comme une bouée et les vacances ne suffisent plus.
Il y a quelques années, une dirigeante prend la tête d’une entreprise familiale. Elle a 30 ans. Elle court. Longtemps. Trop. Jusqu’au mur, littéralement un accident de voiture, ses enfants à bord. Quelques secondes d’inattention.
Ce jour-là elle comprend que son énergie n’est pas une ressource inépuisable.
Vous, vous n’avez peut-être pas eu d’accident. Mais vous connaissez ce moment du dimanche soir où l’estomac se noue. Ce réveil fatigué avant même de commencer. Cette voix intérieure qui dit ‘encore combien de temps ?’
L’épuisement professionnel des personnes à responsabilités ne ressemble pas à un effondrement. Il ressemble à quelqu’un qui tient. Qui gère. Qui sourit en réunion. Et qui s’effrite en silence.
L’épuisement professionnel du dirigeant est le secret le mieux gardé du monde des affaires
Le plus dur n’est pas de s’en sortir
Voilà ce que je sais après 25 ans à accompagner des
personnes qui gèrent tout : le plus dur n’est pas de
s’en sortir. C’est d’oser se l’avouer.
Parce que se l’avouer, c’est déjà 65% du chemin.
Si vous lisez cet article jusqu’ici, vous avez fait ce pas.
Vous n’êtes plus seul avec ça. Et même si on ne sait pas
encore par quel bout on va y arriver, on va y arriver!
L’épuisement professionnel n’est pas une faiblesse. C’est
le signe que vous avez donné beaucoup, trop longtemps,
sans vous donner à vous-même. Ce que j’observe depuis 25 ans,
c’est que les personnes qui franchissent cette porte ne
reviennent jamais en arrière. Pas parce que tout devient
facile, mais parce qu’elles ont arrêté de faire semblant
que tout allait bien.
Et ça, ça change tout.

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